Histoires Expatriées, pourquoi es-tu partie?

Histoires expatriées : pourquoi es-tu partie?

Pourquoi es-tu partie au Canada ? est une question que l’on me pose souvent. Je me souviens que l’on m’a aussi demandé : pourquoi Reykjavík, Barcelone et Londres ? Je suis partie vivre à l’étranger quatre fois, à chaque fois pour des raisons différentes. Voici pourquoi !

Pourquoi suis-je partie… en Islande ?

Printemps 2011. J’arrive au terme de trois années d’une licence qui ne permet pas (ou vraiment très difficilement) de partir ne serait-ce qu’un semestre à l’étranger, alors que plus de la moitié du cursus est en espagnol et/ou en anglais. J’ai envie d’aller voir ailleurs. Le master propose plusieurs destinations Erasmus et, pour être tout à fait honnête, je m’inscris avec le doux espoir de partir pendant deux semestres.

Dans l’ordre, mes trois vœux sont Helsinki en Finlande, Bristol et Norwich en Angleterre. Sauf que le nombre d’étudiant•es pour chaque université est limité et tous mes vœux sont rejetés… Il reste tout de même des places aux Canaries, à Saint-Jacques-de-Compostelle et à Reykjavík.

Ma spécialité de licence est l’espagnol, je souhaite donc pratiquer l’anglais pour rééquilibrer mes niveaux de langues. Au début, j’hésite beaucoup parce que l’Islande ne me tente pas DU TOUT. Mais vraiment, je n’ai absolument aucune envie d’aller là-bas. Après quelques jours de réflexions et de recherche, je me dis finalement que ça ne peut pas être si pire, je postule, et ma demande est acceptée. Je passe neuf mois formidables.

Le Voyageur du Soleil, à Reykjavik.

Pourquoi suis-je partie… en Espagne ?

Hiver 2013. Pour valider mon Master 2, je dois faire un stage d’au moins deux mois. Il me paraît évident que je dois en profiter pour repartir à l’étranger. Et puis je me dis que ce stage peut être plus long, parce que deux mois me semblent peu. Mon choix se dirige rapidement vers l’Espagne, en particulier vers Barcelone. J’envoie ma candidature à quelques entreprises et je décroche rapidement un poste dans l’une d’entre elles. Petit plus : je bénéficie à nouveau du programme Erasmus.

Barcelone, c’est pour combler une amertume que je traîne depuis des années. À 15 ans, j’ai passé deux semaines en immersion chez une famille en Catalogne. Clairement, leur seul intérêt était de se faire de l’argent. J’ai très mal vécu ces vacances pendant lesquelles je me suis beaucoup ennuyée. Je n’ai pas vraiment visité Barcelone, ni le reste de la Catalogne d’ailleurs.

Sagrada Familia, à Barcelone.

Pourquoi suis-je partie… en Angleterre ?

Janvier 2014. Diplômée depuis quatre mois, je peine à trouver le chemin vers la merveilleuse vie professionnelle que l’on nous a vendue pendant cinq ans. Je m’ennuie, un peu, à la campagne chez mes parents. Je regarde la série Sherlock et me dis que ça doit être vachement cool de vivre à Londres. Puis, par simple curiosité, je vais faire un tour sur le site de l’aéroport du coin et je découvre qu’il y a une liaison avec Stansted, l’un des aéroports londoniens.

Trois semaines plus tard, je suis à Londres. J’y vis pendant cinq mois avant de rentrer en France. C’est une expatriation sans but, sans durée prédéterminée, sans attentes précises. C’est plus pour changer d’air et tenter ma chance ailleurs, sans volonté de m’y installer vraiment, sans savoir ce qui m’y attend.

Tower Bridge, à Londres.

Pourquoi suis-je partie… au Canada ?

Novembre 2012. Je lis des articles sur le PVT Canada, ça a l’air super. Le Canada, c’est grand, il neige beaucoup en hiver, il y a des grands lacs partout, des couleurs magnifiques en automne, les gens sont gentils et le français québécois m’interpelle. Le PVT permet de travailler et de voyager : le rêve. Mais les quotas ont été atteints, je dois patienter un an. En fait, je patiente deux ans avant de pouvoir avoir une place dans les quotas, et encore presque une autre année avant de poser les pieds à Montréal.

J’ai envie de dire que je suis partie parce que j’ai obtenu le PVT. Mais à vrai dire, je ne me souviens pas exactement pourquoi, si ce n’est l’envie d’ailleurs et de découvertes.

City Hall, à Toronto.

Pourquoi suis-je partie… de la France ?

C’est peut-être l’autre sens de la question. Quelles sont les raisons qui m’ont poussées à partir quatre fois ? Pourquoi me compliquer la vie alors qu’il y avait toujours une option beaucoup plus simple, celle de rester en France ? Je n’ai jamais été obligée de partir nulle part, c’était à chaque fois purement volontaire.

Je n’aime pas quand tout est trop simple, quand je m’ennuie. Pour certaines personnes, partir, c’est comme un abandon. Pour moi, c’est plutôt une sorte de renaissance, un nouveau départ, une autre étape. Quelque chose qui va me permettre de grandir. On quitte une zone de confort pour s’en recréer une autre ailleurs, comme on veut. On remet beaucoup de choses à zéro et on se façonne sa bulle comme on le souhaite.

Cécile dans la campagne française.

Je ne sais pas si le Canada sera suivi d’un retour prolongé en France. Ou si, au contraire, je vais rester ici toute ma vie. Ou encore, si je vais partir ailleurs, dans un autre pays. Pour l’instant j’aime assez bien vivre ici !

*** Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. Le thème du mois est parrainé par Jéromine du blog L’Archi Voyageuse. ***

14 Commentaires

  • Répondre Lucie 15 janvier 2018 à 22:26

    Intéressant de voir comment une expérience dans un pays qui à la base ne te tentait pas plus t’as conduite dans autant de pays par la suite!

    • Répondre Cécile 17 janvier 2018 à 04:12

      Comme quoi, il faut toujours tenter, on ne sait jamais !

  • Répondre Stephanie 16 janvier 2018 à 22:12

    Et dire qu’aujourd’hui l’Islande est le paradis de tout le monde ahah!
    Sympa ton parcours 🙂

    • Répondre Cécile 17 janvier 2018 à 04:12

      C’est vrai ! Mais ce pays a été un paradis pour moi aussi finalement 🙂

  • Répondre Estelle 17 janvier 2018 à 21:33

    Wouah tu es une serial expat. L’Islande wouahouh. Le pays est déjà magnifique à visiter mais y rester plus longtemps pour mieux appréhender la culture et le style de vie ça doit être encore mieux. Le Canada est une destination qui me donne extrêmement envie d’y vivre, je n’en entend que du bien. Profite de ton PVT.

    • Répondre Cécile 17 janvier 2018 à 23:31

      Merci beaucoup 🙂 On m’avait jamais dit que j’étais une serial expat, mais ok, ça me va !
      Le Canada c’est effectivement génial, je pense avoir trouvé un chez-moi. L’Islande c’était magique, mais j’ai vite su que je n’y vivrai jamais.

  • Répondre Lucie 17 janvier 2018 à 22:21

    Souvent, quand je me suis retrouvée face à un choix tel que l’expatriation, j’ai fait des listes de pour et de contre. Et à chaque fois, mon instinct me dit « prends la route la moins tracée, va vers l’inconnu ». Ces petits coups de pied au cul de ma conscience m’ont toujours servis, et je sais maintenant que je dois l’écouter. Merci pour ton chouette article, pour ta participation, c’est l’occasion pour moi de découvrir ton blog !

    • Répondre Cécile 17 janvier 2018 à 23:28

      Merci beaucoup pour ton commentaire ! Parfois le meilleur choix est celui soufflé par son instinct 🙂
      Je suis tombée sur ton article un jour que j’étais en grosse panne d’inspiration, je me suis dit que ça allait me donner un peu de matière pour écrire !

  • Répondre Françoise 21 janvier 2018 à 18:40

    chère Cécile c’est une « jeunette » de 82 ans qui lit avec un grand intérêt tes découvertes des pays que je ne visiterai jamais mais grâce à toi j’y suis. Continues à me faire rêver. Bisous Françoise

  • Répondre Valerie Edmond 25 janvier 2018 à 10:24

    Oh une serial expatriée ! Je pense que tu as ça dans le sang pour y retourner à chaque fois ! Moi je ne vis que ma première expatriation, partie à 28 ans. Je n’avais jamais osé partir avant alors tu as mon respect héhé! Enfin maintenant que j’y ai goûté si ça se trouve je vais faire comme toi !

  • Répondre Nathalie 26 janvier 2018 à 11:19

    J’adore l’idée de départ comme une renaissance. Les 2 fois où je suis partie, j’avais cette idée de « tout est possible » car je partais avec une feuille blanche (ou presque). Là, je suis dans mon petit cocon douillet à Prague et ce récit me donne des envies de re-nouveau!

    • Répondre Cécile 27 janvier 2018 à 23:17

      Merci pour ton commentaire ! C’est aussi intéressant de voir que les choses différemment avec le recul. J’ai de bons souvenirs de Prague (même si j’y ai passé deux petits jours), j’espère que tu t’y plais !

  • Répondre Kenza 29 janvier 2018 à 22:32

    Et c’est fou qu’on se connaisse virtuellement depuis ton tout premier départ ! en attendant de se rencontrer en vrai un jour peut-être 🙂

  • Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.