La femme qui fuit, roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette.

La femme qui fuit : un roman québécois écrit par une femme

En mars, le Fil rouge nous proposait de lire un roman québécois écrit par une femme. J’ai choisi La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

Anaïs Barbeau-Lavalette n’est pas qu’une romancière, elle est également réalisatrice et scénariste. La femme qui fuit est son troisième ouvrage. Publié en 2015 aux éditions Marchand de feuilles, ce roman est inspiré de la vie de Suzanne Meloche, la grand-mère de l’autrice. Il a connu beaucoup de succès auprès de la critique et du lectorat, et est également lauréat de plusieurs prix littéraires en 2016.

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n’allaient pas tarder.

Dans sa forme, le récit est découpé par périodes qui correspondent à chacune des grandes étapes de la vie de Suzanne Meloche. Les chapitres qui les composent sont très courts (les plus longs font trois pages). Tout le roman est écrit à la deuxième personne du singulier, donnant l’impression qu’Anaïs Barbeau-Lavalette s’adresse directement à sa grand-mère. Teinté d’amertume au début, ce « tu » devient plus empatique à mesure que l’histoire se déroule.

La femme qui fuit, roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette.

Une histoire dans l’Histoire

Au-delà de la vie de Suzanne Meloche, La femme qui fuit dresse un portrait très intéressant de la société québécoise du milieu du XIXe siècle. Née en 1926 à Ottawa, Suzanne a déménagé à Montréal où elle a rejoint les Automatistes, un groupe d’artistes du Québec des années 1940. En 1948, une quinzaine d’entre elleux signe un manifeste, le Refus global, qui dénonçait les valeurs traditionnelles et l’immobilisme de leur société.

Deux enfants naissent de son mariage avec Marcel Barbeau, également membre du groupe. Mais leur histoire d’amour s’éteint peu à peu. Alors que Manon, sa fille aînée, n’a que trois ans, Suzanne décide de les confier tous les deux à un pensionnat. Elle quitte tout pour vivre sa vie, voyager dans l’est du Canada, aux États-Unis et en Europe. Par la suite, elle retrouve sa fille à plusieurs reprises, mais jamais de sa propre initiative. Anaïs Barbeau-Lavalette a grandi en haïssant sa grand-mère qui avait tant fait souffrir sa mère. Pourtant, elle a choisi d’engager une détective privée pour retracer sa vie.

C’est donc une histoire poignante et cruelle que l’on découvre. L’histoire de femmes qui se cherchent. Un beau roman, que je recommande vivement !

2 Commentaires

  • Répondre Ferdy pain d'épice 28 mars 2018 à 19:59

    Le fil rouge, est-ce un club de lecture ?

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