Affiche des Hot Docs 2018.

Six documentaires aux Hot Docs 2018

Du 26 avril au 6 mai 2018 avait lieu à Toronto la 25e édition des Hot Docs, le Festival international canadien du documentaire. Il s’agit du festival du genre le plus important en Amérique du Nord. J’aime déjà beaucoup les documentaires et l’enthousiasme de mes collègues a fini par me convaincre d’assister à des séances. Je suis allée voir six films parmi les 200 sélectionnés et diffusés un peu partout dans la ville.

Affiche des Hot Docs 2018.

Queercore: How to Punk a Revolution

Queercore est un mouvement social et culturel des années 1980. À Toronto, la scène queercore a été créé par Bruce LaBruce et G.B. Jones dans une volonté de proposer une alternative aux mouvements gay (trop traditionnel) et punk (homophobe) de l’époque, tout en exprimant un mécontentement face à la société intolérante envers les communautés LGBTQ. L’identité anarchiste du mouvement se voulait être plus proche d’un cirque que d’une église. Réalisé par Yony Leyser, ce documentaire mêle images d’archives et entrevues avec certain•es des protagonistes d’alors. On y découvre les fanzines, les films bricolés, l’activisme et la musique qui ont ensuite influencé le mouvement Riot Grrrl entre autres. Un bout de l’histoire de Toronto que je ne soupçonnais pas vraiment.

Queercore: how to punk a revolution.

Dreaming Murakami

Premier coup de cœur ! Haruki Murakami est l’auteur japonais le plus traduit à travers le monde. Il y a plus de 20 ans, Mette Holm a lu l’un de ses romans pour la première fois. Elle est depuis devenue sa traductrice danoise officielle. Dans Dreaming Murakami, Nitesh Anjaan la suit entre le Danemark et le Japon dans son méticuleux travail de traduction du premier roman de l’auteur : Écoute le chant du vent. L’univers fictif des histoires de Murakami s’invite dans la réalité du documentaire et nous transporte alors dans une atmosphère poétique et envoûtante. Ce film est une déclaration d’amour à la traduction.

Dreaming Murakami.

Les lettres de ma mère

Le réalisateur Serge Giguère a découvert une centaine de lettres écrites par sa mère dans les années 1950. Essentiellement adressées à Henri, son fils aîné, elle s’y confie et y raconte son quotidien difficile, celui d’une mère de famille ouvrière de seize enfants dans le Québec rural du milieu du XXe siècle. À la manière d’un album photo animé, Serge Giguère entremêle les histoires de sa mère avec ses propres souvenirs et ceux de ces frères et sœurs. Loin d’être un coup de cœur, ce film m’a pourtant marquée par son côté authentique et poétique.

Les lettres de ma mère.

Femmes du chaos vénézuélien

Avec les plus grandes réserves de pétrole au monde, on disait du Venezuela qu’il était le pays le plus moderne, démocratique et avancé d’Amérique latine. C’est toujours le discours officiel malgré la crise que traverse la nation. À travers les histoires de cinq femmes issues de milieux et de générations différentes, Margarita Cadenas nous fait découvrir l’envers du décors. Les difficultés auxquelles elles doivent faire face sont propres à chacune : pénurie de médicaments, d’eau et de nourriture, prisonniers politiques et criminalité. On comprend peu à peu l’ampleur du chaos qui règne au Venezuela, un pays où la peur et la détresse rythment la vie de ses habitant•es.

Femme Du Chaos Vénézuélien.

Warrior Women

Mon deuxième coup de cœur ! Madonna Thunder Hawk et sa fille Marcy Gilbert mènent une vie de combat, celui de la lutte pour les droits des peuples autochtones avec l’American Indian Movement et l’organisation Women of All Red Nations. Les réalisatrices Christina D. King and Elizabeth A. Castle nous livrent un point de vue non seulement autochtone mais également féminin sur ce pan de l’histoire américaine, souvent occulté. Madonna et Marcy nous parlent de leur relation, plus proche de celle de camarades de lutte que de mère-fille. Car les conflits politiques n’affectent pas seulement les personnes qui y prennent part, mais également les enfants qui en sont victimes. Aujourd’hui, le travail de Madonna s’articule essentiellement autour des enfants, tandis que celui de Marcy se concentre sur la souveraineté alimentaire. Souvent drôle malgré le sujet grave, c’est un documentaire plein d’espoir sur deux femmes incroyables.

Warrior Women.

The Heat: A Kitchen (R)evolution

The Heat, réalisé par Maya Gallus, est le documentaire qui était sélectionné pour la soirée d’ouverture du festival. Alors que la cuisine est un domaine que la société attribue aux femmes tant que cela reste de l’ordre du foyer, l’industrie de la restauration est dominée par les hommes. Dans cet environnement aux conditions de travail difficiles, les femmes se fraient tant bien que mal un chemin parfois semé d’embûches. Sept chefs (cheffes ?) nous racontent leurs histoires, parcours et luttes : ouvrir son propre restaurant, diriger une brigade, faire face au sexisme, trouver sa place. De New-York à Valence en France, en passant par Toronto, elles sont toutes différentes mais partagent un même but : servir les meilleurs plats et partager leur amour de la cuisine.

The Heat: a kitchen (r)evolution.

J’ai vraiment adoré aller au cinéma et découvrir ces histoires particulières. Si j’avais pu voir plus de documentaires, je l’aurais fait tant il y avait des thèmes intéressants. Je suis même devenue adhérente aux Hot Docs !

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