Café-croissant à la boulangerie Through Being Cool.

Histoires expatriées : mon coin de France

Au début je pensais que je devais parler du coin de France d’où je suis originaire. En fait, il s’agit de mon coin de France en tant qu’expatriée. À Toronto, il est vraiment tout petit.

Mon coin de France… social

N’ayant pas (plus) d’ami•es francophones à Toronto, mes seul•es ami•es français•es au Canada habitent Ottawa et Montréal, ce qui nécessite un peu d’organisation pour se voir.

En fait, mon coin de France torontois se trouve essentiellement au travail. Mon équipe est composée de francophones d’horizons divers, et certain•es sont originaires de France ou connaissent plutôt bien le pays. D’autres équipes comptent aussi des compatriotes français•es parmi elles. Je côtoie de façon régulière une quinzaine de francophones. Mais à l’échelle de l’entreprise, on est une goutte d’eau parmi des centaines d’employé•es. C’est d’abord et avant tout la langue qui nous rapproche, mais aussi notre bagage culturel commun. Comme sujet récurrent, on a les démarches pour les visas, la météo et, bien sûr, la nourriture.

Mon coin de France… gustatif

S’il y a un truc dont tous les expat’ français•es parlent, c’est bien la nourriture. Souvent, on compare ce que l’on trouve dans le pays d’adoption à ce dont on avait l’habitude en France. Être végane est un atout car le saucisson et les fromages ne me manquent pas.

Par contre, j’adore le pain. En ce moment je pourrais m’enfiler baguette sur baguette sauf que le pain d’ici est moins bon qu’en France (comme le fromage apparemment, sauf qu’en fait j’en sais rien). J’ai bien vu une boulangerie qui vendait du pain fabriqué en France, mais c’est typiquement le genre de chose aberrante que je fuis. Il faut absolument que je vous parle de croissants. Figurez-vous que Toronto compte deux merveilleuses pâtisseries véganes : Through Being Cool dans l’ouest, et Tori’s Bakeshop dans l’est. Malheureusement, j’habite et travaille assez loin des deux et ce n’est pas très rentable de faire entre 30 et 40 minutes de trajet pour un croissant non garanti (car les stocks s’épuisent vite). À vrai dire ce n’est pas plus mal, j’évite ainsi de me ruiner en gâteaux.

Mon coin de France à Toronto : café-croissant à la boulangerie Through Being Cool.
Café-croissant à Through Being Cool

Quelques produits traversent l’Atlantique pour venir garnir les rayons de certains supermarchés torontois. C’est ainsi que je peux manger de la moutarde de Dijon Maille, car c’est la meilleure du monde, n’est-ce pas. Une fois j’ai acheté un pot de confiture de framboise Bonne Maman, parce que c’était en promo et j’avoue que j’aime bien ces pots (la confiture aussi, mais elle n’égale pas celle de ma maman).

Mon coin de France : confiture et moutarde de Dijon.

Mon coin de France… culturel

J’ai toujours beaucoup de mal à garder un lien avec la France quand je suis à l’étranger. Plus mon expatriation se prolonge et quitte lentement le temporaire pour passer au long terme, plus je me rends compte du fossé, du gouffre même, qui se crée et me déconnecte de mon pays. Alors je mets le journal de France Inter en fond sonore quand je cuisine (on en revient à la nourriture !), histoire de me tenir informée de l’actualité. Et puis j’écoute les podcasts de Radio France et d’Arte Radio.

Quant aux sorties culturelles, elles sont rarement francophones. Pourtant, la communauté francophone et française est assez importante à Toronto. Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas assisté à plus de deux ou trois événements organisés par l’Alliance française depuis que je suis au Canada. Il n’y a pas de quartier français à Toronto, comme c’est parfois le cas dans les grandes villes et certainement pour certain•es autres participant•es au rendez-vous !

Finalement, je me rends compte que je n’ai jamais vraiment cherché à recréer un coin de France à Toronto ou ailleurs. Je ne suis pas partie pour ça, il y a un paquet de choses qui ne me manquent pas et plein d’autres auxquelles j’ai accepté ne plus avoir accès. Et ça va, je le vis plutôt bien !

Logo des Histoires expatriées.

*** Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. Le thème du mois est parrainé par Patrick du blog From Slovenia. ***

4 Commentaires

  • Répondre Maria 16 mai 2018 à 19:26

    Il y aura encore des confitures cet été à la maison ! merci pour le compliment même si je sais qu’il existe des confitures-maison bien meilleures. 🙂

  • Répondre HistoiresExpatriées #6 : Mon petit coin de France... en Slovénie - From Slovenia 17 mai 2018 à 07:29

    […] Histoires expatriées : mon coin de France […]

  • Répondre Maëva's Mapa Mundi 20 mai 2018 à 16:55

    Que d’expat canadiens ce mois-ci 🙂 merci de nous faire découvrir ton coin de france 🙂
    http://maevasmapamundi.com

  • Répondre Ferdy pain d'épice 21 mai 2018 à 20:08

    Tiens c’est drole mais je m’attendais à ce qu’a Toronto vous ayez beaucoup plus de choses francophones ! Comme quoi c’est une fausse idée 🙂
    Je pense que des que tu sors du Québec Le
    Reste du Canada doit être similaire finalement…

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