Vue sur les montagnes.

Voyage en Colombie-Britannique – jour 2 : Grouse Mountain

Pour mon deuxième jour de vacances, j’avais prévu une randonnée à Grouse Mountain. Tout ne s’est pas déroulé comme je l’espérais, mais j’ai quand même pu en profiter.

SeaBus, bus et téléphérique

Tôt le matin, je prends un SeaBus à la station Waterfront pour rejoindre Lonsdale Quay à Vancouver Nord. Les SeaBus sont des bateaux qui font constamment l’aller-retour entre les deux rives. La traversée dure une dizaine de minutes et coûte le même tarif que les autres transports de la ville. On peut s’asseoir devant les fenêtres et regarder la rive s’approcher (ou s’éloigner, selon l’endroit où l’on s’assoit). Fraîchement débarquée, je me dépêche de monter dans le 236, un bus avec des roues cette fois-ci.

Vancouver Nord.

Le bus m’emmène jusqu’à la Skyride de Grouse Mountain où j’achète un ticket pour prendre le téléphérique. J’étais encore en bas de la montagne et l’accès à son sommet se fait essentiellement par les airs, bien qu’il existe des sentiers. Coincée au milieu des touristes, je prends mon mal en patience, ne pouvant pleinement admirer la vue au fur et à mesure de l’ascension. Un animateur explique entre 20 et 25 fois par jour ce que l’on voit aux alentours, puis prévient les usagers que le passage des deux poteaux fait osciller la nacelle. Et bien sûr, c’est un concert de ho et de ha au moment fatidique. Une fois hors de la nacelle, on ne peut qu’apprécier la vue sur Vancouver et l’océan, à travers les pins et le brouillard (ou la pollution, je ne sais pas faire la différence).

Animaux sculptés dans un tronc d'arbre.

Téléphérique de Grouse Mountain.

Vue sur Vancouver.

Vue sur Vancouver.

En route pour Thunderbird Ridge

Mon objectif de la journée est donc une randonnée. Lors de la préparation de mon voyage, j’avais repéré deux sentiers classés « facile ». Malheureusement, mes recherches une fois sur place ne sont pas fructueuses. En fait, je trouve celui menant à Thunderbird Ridge (où je souhaitais me rendre), mais il est indiqué comme étant de niveau intermédiaire. Malgré de petites appréhensions quant à mes capacités physiques, je me mets tout de même en route, essentiellement parce que j’ai envie de m’éloigner de la foule et du bruit (je reviendrai sur ce point plus tard). Au début, le sentier est une sorte de route gravillonnée puis se transforme en terre et cailloux. Mais après quelques centaines de mètres, on arrive au « vrai » sentier : des rochers et des racines à travers la forêt.

Aucune trace d’êtres humains dans les parages. Je me dis que je suis peut-être complètement insouciante. Les panneaux indiquant de faire attention aux ours m’obligent à me remémorer les bonnes pratiques en cas de rencontre inopinée. Je chantonne un peu, histoire de. J’avoue, je n’étais pas trop rassurée. Soudain, un marcheur me double. Je me demande s’il m’a entendue parler toute seule. J’en croise un deuxième un peu plus tard. J’ai l’impression d’être une intruse sur ce « chemin » dont je n’ai pas vraiment le niveau et je me dis que venir ici était peut-être une erreur.

Randonnée à Grouse Mountain.

Randonnée à Grouse Mountain.

Le choix de la sécurité

L’espace se dégage et les pins laissent place à une sorte de clairière. Plus loin devant moi, le sentier continue à monter. Une boule de poils noirs traverse soudainement à quelques mètres de moi. Puis une deuxième dévale la côte et suit sa jumelle. Deux oursons viennent de me passer devant, je suis un peu paralysée et ne sais plus trop quoi faire. Heureusement, un marcheur apparaît à l’autre bout de la clairière. Je lui dis bonjour très fort, il me demande si j’ai vu la mère ourse, je réponds par la négative. C’est embêtant. On se rejoint, et on attend un peu. Finalement, on se dit que l’ourse a dû passer avant ses petits. Un petit groupe arrive et fait demi-tour en apprenant la présence d’ours. Le monsieur me dit qu’il n’y a probablement plus rien à craindre. Je décide de continuer et croise quelques autres personnes en cours de route.

J’arrive à une intersection et prends la direction de Thunderbird Ridge, indiqué à 750 mètres. J’avais vu des photos et je voulais déjeuner avec vue sur un lac dans les montagnes. Je croise un monsieur qui me dit qu’il fait demi-tour après avoir aperçu un ours adulte près du sentier. Il me conseille de faire pareil, ou de m’assurer de faire beaucoup de bruit si je veux poursuivre. J’opte pour la sécurité, et repars en sens inverse, triste de ne pas avoir atteint mon objectif alors que j’en étais si proche. Mais je n’avais pas envie de savoir si cet ours était la mère des deux oursons.

J’ai néanmoins apprécié la vue sur les montagnes, l’odeur des pins et le silence (relatif) de la forêt. Autant vous dire que je n’ai pas pensé à dégainer mon appareil photo lorsque j’avais deux oursons en face de moi pendant cinq secondes. Photographier les écureuils est bien moins risqué.

Écureuil.

Vue sur les montagnes.

Grouse Mountain, en vrai

Grouse Mountain est aussi une station de ski en hiver. À côté du terminus du téléphérique se trouve Peak Chalet qui comprend des restaurants et boutiques. Le ticket d’entrée, qui permet notamment de faire l’aller-retour en téléphérique, donne aussi accès à d’autres attractions.

On peut par exemple aller observer deux grizzlys en captivité. Grinder et Coola ont été trouvés orphelins en 2001, et ont donc passé leur vie entourés de grillages. Je ne m’attarde pas trop sur le site, vite attristée par la vision de cette pauvre bête qui mange des pommes lancées dans un bassin et que des dizaines de touristes photographient en criant.

Grizzly.

Un spectacle de bûcherons est également proposé trois fois par jour. Après mon retour de randonnée, je me retrouve par hasard au moment où le spectacle commence et reste y assister jusqu’au bout. Au début, il y a une sorte de clown qui grimpe en haut d’un tronc de 30 mètres de haut, balance ses affaires (y compris ses attaches de sécurité) et fait quelques acrobaties avant de chuter par maladresse et de quitter la scène en tyrolienne. La suite est une compétition entre deux bûcherons, drôle mais sans plus.

Spectacle de bûcherons à Grouse Mountain.

Spectacle de bûcherons à Grouse Mountain.

Il est aussi possible de faire de la tyrolienne à travers la forêt. Les parcours sont situés au-dessus des sentiers de randonnée. J’ai donc entendu des gens hurler pendant très longtemps avant de me retrouver vraiment dans le calme. J’ai aussi remarqué que beaucoup de gens restaient au Peak Chalet, ce qui rend les lieux assez étouffants et bruyants.

Retour à Vancouver

Un peu mitigée par ma journée, je fais la queue pour prendre le téléphérique et retourner à Vancouver. Avant de prendre le SeaBus, je décide d’aller me promener un peu à Lonsdale Quay et d’admirer la vue sur la ville alors que le soleil n’est pas loin d’aller se coucher.

Vue sur Vancouver

Téléphérique à Grouse Mountain.

Lonsdale Quay.

Skyline de Vancouver.

La prochaine fois, on quitte la ville et on prend la mer !

4 Commentaires

  • Répondre samsha 15 octobre 2017 at 13:04

    Impressionnant ces paysages et de voir les animaux d’aussi près (surtout les ours!)

    • Répondre Cécile 19 octobre 2017 at 00:34

      Merci ! Oui, tout est assez impressionnant, tout le temps 🙂

  • Répondre Lair_co 17 octobre 2017 at 17:17

    Wooooh la présence d’ours !! Plus ça va, et plus ça m’angoisse, j’en rêve même la nuit !!! Parce que mine de rien randonner c’est quelque chose qui me tient à coeur, et je fais souvent cela seule alors j’appréhende beaucoup.

    Par contre, je tiens à te dire quelque chose (que tu sais sans doute déjà mais qu’il est bon d’entendre mille fois) tout le monde à sa place sur tous les chemins de rando. La seule chose qui doit t’empêcher d’aller sur un chemin c’est si tu as peur pour ta sécurité (genre les ours :P), mais en aucun cas la peur de ne pas être légitime/à la hauteur/à ta place, parce que tu l’es. Tout le temps, sur tout chemin. Vraiment, vraiment.

    J’espère vraiment que tu as vécu des randos plus calmes par la suite, que ce soit niveau ours que niveau être humain 😉

    • Répondre Cécile 19 octobre 2017 at 00:36

      J’ai aussi peur (et eu peur) de croiser des ours ou des orignaux… Mais je me dis souvent qu’il y a des milliers de personnes qui randonnent seules ou en groupe, et qu’il y a peu d’histoires d’attaques d’animaux, pour peu qu’on sache comment réagir et quelles précautions prendre. Du coup, je pense qu’il faut faire preuve de prudence sans pour autant s’empêcher de voyager ! Aussi, les ours noirs sont assez craintifs, donc le risque est quand même minime.
      Je sais que tout le monde a sa place sur les sentiers, c’est juste que parfois je doute…

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