SlutWalk Toronto 2017

Des pancartes pour la SlutWalk.

Le 12 août dernier avait lieu la SlutWalk Toronto 2017 et j’y était présente. Ce n’est pas ma première marche de ce genre, mais c’est la première fois de ma vie que je faisais partie de l’organisation.

Les origines de la SlutWalk

SlutWalk est un mouvement international qui a vu le jour en 2011 à… Toronto! Qui l’eût cru? Un représentant des forces de police de la ville avait alors déclaré que les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes (sluts) si elles ne veulent pas se faire agresser. En réaction à ces propos, une manifestation a été organisée, et le mouvement est né. Des événements similaires ont peu à peu vu le jour partout dans le monde.

SlutWalk, la « marche des salopes », lutte contre les violences sexuelles, la culture du viol, la stigmatisation des victimes (victim blaming) et le slut-shaming. Le slut-shaming, c’est « l’humiliation ou l’intimidation des salopes ». Pour prendre un exemple concret, les propos de ce policier torontois relèvent du slut-shaming. On va stigmatiser une personne qui s’est fait violée en lui demandant comment elle était habillée. On induit que ce sont les comportements de la victime qui sont la cause de l’agression, et non la personne qui a commis l’agression. Le cas des violences sexuelles est assez intéressant par rapport aux autres types d’agression. Jamais on ne met en cause la victime d’un vol parce qu’elle avait un téléphone à la main. En revanche, si elle portait une robe lorsqu’elle s’est faite agresser sexuellement, la victime l’aura bien cherché.

Préparer la SlutWalk Toronto 2017

La première réunion concernant l’organisation de la SlutWalk de cette année a eu lieu en mars. On s’est rencontré-e-s deux fois par mois au début, puis une fois par semaine à mesure que le 12 août approchait. La participation aux réunions était aléatoire, beaucoup ne venait qu’une seule fois. Environ une dizaine de bénévoles a été vraiment impliquée dans l’organisation.

Il faut aussi savoir que la SlutWalk est souvent critiquée pour être essentiellement composée de femmes blanches, cis-genres (dont le genre ressenti correspond à son genre de naissance), hétérosexuelles et issues de la classe moyenne. Nous avons essayé de nous détacher le plus possible de ces étiquettes et de promouvoir un événement inclusif et respectueux, malgré les préjugés tenaces et compréhensibles sur le mouvement, et les divergences d’opinions. Cette année, la marche était axée sur les travailleuses et travailleurs du sexe, et leurs droits à l’autodétermination, à des conditions de travail sécuritaires, et à ne pas faire l’objet de préjugés ni de violences.

Une personne tient une pancarte Non = Non.
Une personne que je ne connais pas a choisi ma pancarte bilingue !

La septième SlutWalk annuel de Toronto

Samedi, j’ai retrouvé les autres bénévoles vers midi pour préparer l’après-midi. Le rassemblement était prévu entre 14h et 15h à Barbara Hall Park, avec de la musique puis des interventions. Finalement, on a pris du retard à cause de la pluie, mais le programme a été respecté. Deux interprètes en langue des signes étaient présents, on a eu beaucoup de mal à trouver deux personnes disponibles et intéressés par l’événement.

Monica Forrester et Maggie's Indigenous Drummers.
Monica Forrester et Maggie’s Indigenous Drummers
Un petit garçon écoute l'intervention de Young Fairy à la SlutWalk.
Young Fairy
Discours d'Akio Maroon.
Akio Maroon

La marche a débuté vers 16h15, avec plus d’une heure de retard sur le planning original. À cause des trombes d’eau qui nous arrosaient, nous avons aussi écourté notre trajet initial. La marche aurait lieu, quoi qu’il arrive, et finalement, le soleil est revenu en cours de route !

SlutWalk Toronto 2017

Je faisais partie des Marshals, c’est-à-dire les volontaires qui encadrent la marche, bloquent les intersections et font attention à ce que personne ne s’écarte du groupe. Nous n’avions volontairement pas prévenu les forces de police, mais des agent-e-s à vélo étaient présent-e-s et se sont occupé-e-s de gérer le trafic. Ceci dit, quand nous avons décidé de bloquer tout le carrefour à l’angle de Church Street et Carlton Street, ils n’ont pas pu faire grand chose pour nous en empêcher. Un policier a crié « non » mais n’a pas insisté.

Carlton Street, quand la SlutWalk bloque un carrefour.
Carlton Street, quand on bloque un carrefour.

Pancarte "Got Consent?".

La marche s’est terminée à Allan Gardens où d’autres interventions ont eu lieu. Nous avions aussi prévu des collations pour tout le monde. Beaucoup de personnes sont parties à cause de la pluie, et d’autres nous ont laissé en cours de route. Globalement l’ambiance était détendue, malgré les récits parfois très durs de certain-e-s intervenant-e-s.

La SlutWalk arrive à Allan Gardens.
Arrivée à Allan Gardens.
Décompression après la SlutWalk.
Décompression après la marche

Et après?

La marche du 12 août 2017 ne marque pas la fin de notre groupe de bénévoles. Nous voulons créer un espace de rencontre accessible, et organiser des événements tout au long de l’année.

J’ai vraiment apprécié pouvoir m’engager dans ce processus et ne pas participer uniquement au résultat final.La plupart des dernières réunions ont été assez dures sur le plan émotionnel, mais je crois que notre petit groupe était assez soudé. J’ai rencontré des personnes formidables et d’un point de vue personnel, j’ai énormément appris sur moi-même et les autres.

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