Matisiwin, de Marie Christine Bernard

Matisiwin : littérature autochtone [un livre québécois par mois #6]

La lecture du mois de juin pour le défi littéraire du Fil Rouge avait pour thème la littérature autochtone. Je me suis tournée vers Matisiwin, de Marie Christine Bernard.

Et puis, ma belle nosim, ma petite-fille, ma Sarah, ma Mikonic, ma Petite-Plume, je te regarde avancer dans ce monde et le prendre à bras-le-corps, et je comprends que tu marches vers ce que nous serons.

Ce roman raconte la vie dans les communautés autochtones du Québec. Afin de retrouver la paix et de donner un sens à sa vie, Sarah-Mikonic Ottawa réalise moteskano, la marche des ancêtres. C’est par la voix de sa défunte kokom, sa grand-mère, que l’on suit son parcours sur les traces de son peuple.

Matisiwin, de Marie Christine Bernard

La relation entre l’héroïne du roman et la narratrice lie le présent au passé et fait écho aux relations des Premières Nations avec les Blancs, toujours difficiles et tendues. Tout y est raconté : les pensionnats mis en place par les autorités catholiques, les ghettos et les réserves, l’alcoolisme ravageur, les mères adolescentes.

Regarde-la, maintenant, Nosim. Regarde ta douleur. Elle a plusieurs visages, mais ces visages sont ceux d’une seule douleur. Elle est toi. Elle te fait ce que tu es maintenant. Nomme-la. En la nommant, déjà tu vas lui faire peur, la rendre moins grosse, peut-être lui donner envie de partir. Nomme-la. Akosiwin. Douleur.

Sarah marche et trébuche, jusqu’à faire le choix de matisiwin, vivre.

Comme on dit au Québec, je suis « tombée en amour » avec ce livre. L’écriture est magnifique et paisible, malgré des thèmes assez durs. La voix de la kokom semble résonner doucement tandis que l’on suit le périple de Sarah. On pourrait presque entendre la voix de sa grand-mère lui murmurer à l’oreille.

L’une des plus belles lectures de cette année !

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