Fenêtre d'un sous-sol.

Vivre dans un basement pendant onze mois

Au cours de ma première année à Toronto, j’ai eu la chance d’avoir un appartement pour moi seule. Mais après onze mois à vivre dans un basement, je suis contente d’avoir pu déménager.

Le contexte

Lorsque je suis arrivée à Toronto, j’ai passé un mois dans une grande colocation où j’ai fait du HelpX. Comme j’ai rapidement trouvé du travail, j’ai cherché un appartement où je pourrais vivre seule. J’avais ma dose de colocations bancales et j’en avais marre de toujours finir par détester mes colocataires. J’ai visité deux appartements, dont un basement, également appelé demi sous-sol par les Québécois. Le propriétaire a accepté mon dossier, et j’ai emménagé le 1er juillet 2016.

L’appartement se situait sous la maison du propriétaire. J’avais ma propre entrée indépendante. Le loyer mensuel était fixe et incluait toutes les charges, même internet. D’un côté, c’était pratique parce que je n’avais pas à me soucier des factures. Mais de l’autre, je me suis rendue compte que je ne faisais pas du tout attention à ma consommation d’électricité et n’avais absolument aucune idée du coût engendré par mon train de vie. L’appartement était entièrement meublé et équipé, je n’ai pas eu à acheter grand chose, si ce n’est quelques bricoles pour cuisiner. Autre point positif : le propriétaire était très gentil et réactif.

Mais onze mois plus tard, c’est avec un certain soulagement que j’ai quitté ce logement. Bien que l’expérience ait été positive dans son ensemble, il y a deux bémols dont je me suis accommodée (car je pars du principe que rien n’est parfait), mais qui ont certainement eu un impact négatif non négligeable sur mon moral.

 

L’absence de lumière

C’est la première réaction des gens : tu vis dans le noir ! Oui, c’était un peu ça. J’ai eu, je pense, de la chance parce que ma porte d’entrée était vitrée et laissait donc pénétrer les rayons de soleil du soir. Mes autres fenêtres ne permettaient pas de faire entrer beaucoup de lumière, surtout que les murs étaient très épais. Cependant, je m’estime heureuse d’avoir eu des fenêtres, ce n’est pas le cas de tous les basements

Cave voûtée.
L’impression de vivre dans une cave…

Autant l’automne et l’hiver ont été relativement faciles à vivre, et voir l’ensoleillement diminuer ne m’affectait pas trop pendant ces périodes. De toute façon je n’en profitais pas beaucoup une fois chez moi. Par contre, le printemps et le rallongement des jours ont été plus difficiles, je m’en rends compte après coup. Habituée à la lumière du soleil au réveil, c’est assez dur quand normalement, après l’hiver, on est censé remarquer petit à petit le changement d’éclairage naturel. C’était presque impossible pour ma part, car la fenêtre de ma chambre donnait sous la terrasse de la maison, autant dire que c’était obscure tout le temps.

Le froid

J’ai eu froid tout le temps, été comme hiver. Le système de climatisation et ses tuyaux se trouvaient au même niveau que mon appartement. L’été, l’air conditionné passait d’abord par chez moi avant de monter dans la maison du propriétaire. Je pense que j’étais la seule personne de Toronto qui devait enlever des couches de vêtements avant de sortir de chez elle. Plus il faisait chaud dehors, plus il faisait froid chez moi. L’hiver, le chauffage peinait à réchauffer mes deux pièces. La chaleur monte, c’est bien connu. Ce n’est que les rares jours où il a fait très froid à Toronto que je n’avais pas froid, car le chauffage fonctionnait vraiment à fond.

Une main tenant une tasse de café.

Pendant près de neuf mois, j’ai eu la possibilité de travailler de chez moi. Il fallait alors que je me trouve des excuses (souvent, aller faire des courses) pour mettre le nez dehors et profiter de la lumière naturelle. Certains jours, je travaillais avec trois épaisseurs de vêtements et un chauffage d’appoint à mes pieds.

Malgré ces deux points négatifs, que certain.e.s trouveront peut-être rédhibitoires, j’ai quand même passé onze mois agréables, et je préfère garder en tête les points positifs : un appartement pour moi, meublé et équipé, et un propriétaire accommodant et sympathique. D’ailleurs, il m’a fourni une bonne référence lorsque j’ai décidé de déménager ! Finalement, je pense que vivre dans un basement a été une bonne expérience, avec des aspects positifs qui ont eu plus de poids dans la balance, même si je sais que je ne le referai pas.

 

*J’ai eu l’idée d’écrire cet article après mon déménagement, et je me suis rendue compte que je n’avais pas pris de photos du basement en question pour l’illustrer (la lumière des lieux n’aidait pas). Les images sont libres de droits et viennent de Pixabay

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