Fil Rouge Avril Littérature Migrante Ru Kim Thuy

Ru, de Kim Thúy : la littérature migrante [un livre québécois par mois #4]

Pour avril, le thème du défi littéraire du Fil Rouge était la littérature migrante. J’ai choisi Ru, de Kim Thúy.

Le paradis et l’enfer s’étaient enlacés dans le ventre de notre bateau. Le paradis promettait un tournant dans notre vie, un nouvel avenir, une nouvelle histoire. L’enfer, lui, étalait nos peurs : peur des pirates, peur de mourir de faim, peur de s’intoxiquer avec les biscottes imbibées d’huile à moteur, peur de manquer d’eau , peur de ne plus pouvoir se remettre debout, peur de devoir uriner dans ce pot rouge qui passait d’une main à l’autre, peur que cette tête d’enfant galeuse ne soit contagieuse, peur de ne plus jamais revoir le visage de ses parents assis quelque part dans la pénombre au milieu de deux cents personnes.

Ru est le récit d’une réfugiée vietnamienne, une boat people dont les souvenirs deviennent prétexte tantôt à l’amusement, tantôt au recueillement, oscillant entre le tragique et le comique, entre Saigon et Granby, entre le prosaïque et le spirituel, entre les fausses morts et la vraie vie.

Née au Vietnam pendant la guerre, Kim Thúy avait 10 ans lorsqu’elle est arrivée au Canada. Couturière, interprète, avocate et restauratrice, elle est maintenant écrivaine.

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Le livre commence par une explication du titre : en français, un ru est un petit ruisseau (un terme que les personnes amatrices de mots croisés ou fléchés connaissent bien). Au sens figuré, c’est aussi un écoulement de larmes, de sang, d’argent, etc. En vietnamien, ru signifie « berceuse » ou « bercer ».

La forme du roman est très belle, presque poétique. Ce sont de courts récits, d’une page ou deux, qui s’enchaînent. Le début de chaque chapitre reprend l’idée du précédent. On découvre ainsi la vie de l’auteure, depuis son enfance au Vietnam jusqu’à sa vie actuelle au Québec, en passant par la guerre, la fuite, sa famille, son arrivée au Québec, ses études, et son fils autiste. Les chapitres sont liés les uns aux autres mais sont organisés dans un désordre chronologique. La trame est fixée par l’enchaînement des souvenirs, et non par le déroulement des événements.

En résumé, un très beau roman !

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