Un weekend à Killbear

L’été au Canada, le camping est une activité très populaire des fins de semaine. J’avais très envie de m’y essayer, mais sans matériel ni véritable expérience, ça me paraissait assez compliqué. Utilisatrice du site meetup.com, qui permet de rassembler des personnes autour de centres d’intérêt communs, j’ai repéré un weekend camping, il restait de la place, je me suis inscrite et suis partie deux jours au Parc Provincial de Killbear.

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Killbear est un parc naturel géré par l’Ontario, situé à trois heures de route au nord de Toronto, au bord de la baie Georgienne du lac Huron. Nous étions 18 jeunes, quatre voitures et huit tentes répartis sur trois emplacements. Certains participants étaient des adeptes du camping, l’organisation était donc largement prise en charge. Je ne me suis pas posé de question par rapport au feu par exemple. Le camping se trouve dans la forêt, et chaque emplacement est une petite clairière délimitée par les arbres et le chemin. Des sanitaires et de l’eau potable sont disponibles, et on peut acheter du bois.

Arrivés vendredi soir, c’est à la lumière de nos lampes frontales que nous avons monté les tentes. Le ciel était dégagé alors on en a profité pour aller au bord du lac à 50 mètres, assis à regarder les étoiles pour certains, tandis que d’autres se baignaient dans l’eau encore chaude.

Aventures dans la nature

Samedi matin, je dormais quand le soleil s’est levé. J’ai enfin pu découvrir les environs : les grands arbres qui nous entouraient, le petit chemin caillouteux qui descendait vers le lac et ses énormes rochers gris. Au loin, deux bateaux oscillaient au gré de la brise matinale. Les nuages formaient des dessins étranges dans le ciel. Ça sentait bon le pin.

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Les nuages se sont accumulés, sans pour autant nous empêcher de partir randonner le long du lac. Le groupe s’est vite réduit à sept intrépides, les autres étaient un peu découragés par l’absence de sentier et ont préféré aller nager ou se prélasser. Nous avons donc continué à escalader les rochers au bord de l’eau, avec pour objectif de rejoindre l’extrémité de la péninsule et son phare.

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Au bout d’un long moment, on a décidé qu’on n’arriverait jamais à atteindre ce phare dans un temps raisonnable, d’autant plus qu’on ne l’apercevait toujours pas. Nous nous sommes donc enfoncés dans la forêt afin de pouvoir rejoindre la route et rentrer au campement. On a escaladé d’autres rochers, traversé des buissons et des fougères, marché sur des tapis de feuilles, slalomé entre conifères et feuillus, regardé des champignons, franchi des fossés et finalement rattrapé un sentier balisé puis, enfin, la route. Heureusement pour nous, aucun ours n’est venu croiser notre chemin. Le parc ne s’appelle pas Killbear pour rien, il y a effectivement des ours sauvages qui y habitent.

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Peu après avoir rejoint le campement, la pluie s’est mise à tomber. Assise à une table protégée par une bâche fraîchement installée, je discutais avec d’autres personnes en regardant la forêt. Les arbres un peu clairsemés laisser entrevoir une clairière. Soudain, une masse noire est apparue dans ce trou de verdure. C’était un ours qui marchait tranquillement à 50 mètres de notre campement ! J’avais troqué mon appareil photo pour une bière, ce qui n’est pas très pratique pour immortaliser une scène, vous en conviendrez. Mais de toute façon, le zoom de mon objectif est trop peu efficace et je n’allais certainement pas m’approcher.

On a passé le reste de la soirée autour du feu, un peu sous la pluie parfois, avec des marshmallows, des bières et des histoires plus ou moins drôles.

Phare ensoleillé

Le lendemain, le soleil brillait à nouveau au-dessus du lac. On a traîné comme un dimanche matin. J’ai fait un peu de yoga, pieds nus sur les rochers, le regard perdu dans les eaux de la baie Georgienne. Totalement cliché, mais tellement agréable ! Pour continuer dans l’instant cliché, j’ai lu, accompagnée par le bruit des vagues sur la berge.

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On a ensuite levé le camp, refait nos sacs, démonté les tentes et rangé les voitures. Nous avons quitté les lieux et sommes allés à ce fameux phare au bout de la péninsule. Le vent soufflait fort mais le paysage était encore plus beau là-bas.

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Puis il a été temps de repartir vers Toronto.

Déconnexion et appréhensions

Je suppose que vous vous demandez où sont les photos du campement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’ai pris aucune photo du camping, probablement trop éblouie par la nature environnante et dans un esprit de rejet total de toute forme de civilisation. J’aime bien vivre à Toronto, mais j’éprouve un réel besoin de ces bouffées d’air pur et d’immersion dans la nature. J’ai à peine regardé mon téléphone pendant ces deux jours, la notion du temps ne m’intéressait plus.

J’appréhendais de partir avec autant de gens, mes craintes n’étaient pas infondées. 18 personnes, c’est trop pour moi. On a bien rigolé et discuté, je n’ai remarqué aucune tension dans le groupe. Je ne me suis pas ennuyée mais devoir attendre tout le temps que tout le monde soit prêt, surtout pour une lève-tôt comme moi, c’est un peu dur.

En tout cas, vivement les prochains campings !

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