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L’expérience canadienne

Dans PVT, il y un T pour travail. Depuis mon arrivée au Canada, j’ai eu l’occasion de me familiariser avec le marché du travail, ses us et coutumes. À la différence de beaucoup d’autres destinations en PVT, le Canada semble plus accessible pour qui veut travailler dans son domaine. C’est peut-être vrai (je n’ai pas été ailleurs) mais pas si simple : mieux vaut ne pas ignorer la fameuse « expérience canadienne ».

Même si ce n’est pas une règle absolue, les employeurs et recruteurs sont plus enclins à embaucher une personne qui a déjà travaillé au Canada et qui connaît donc un peu la culture professionnelle du pays. C’est ce que l’on appelle l’expérience canadienne. On peut évidemment trouver un premier emploi dans son domaine, tout dépend en fait de celui-ci, mais le pari peut s’avérer risqué. Bien sûr, l’expérience canadienne ne s’arrête pas au premier boulot, elle se construit petit à petit. Néanmoins, c’est le premier pas qui permet de faire les suivants et c’est peut-être aussi le plus difficile à réaliser. Il faut donc pouvoir – et vouloir – trouver un travail « de base » qui permettra d’ouvrir des portes par la suite.

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Quand j’ai débarqué à Ottawa, je voulais absolument travailler dans mon domaine et les petits boulots ne me tentaient pas du tout. Avec le recul, j’ai pris conscience que je n’avais pas adopté la meilleure stratégie. Arrivée en novembre, je n’étais pas non plus dans la période la plus propice pour trouver un emploi.

N’ayant pas d’expérience en restauration, très peu en vente, je me suis finalement inscrite dans plusieurs agences de placement (l’équivalent des agences d’intérim en France). Beaucoup de gens disent du mal de ces agences. Certes les salaires sont parfois inférieurs pour un même poste décroché sans intermédiaire. Personnellement je préfère travailler pour un petit salaire que ne pas travailler du tout, surtout que ce sont toujours des contrats à durée déterminée, donc on sait que l’engagement est temporaire. J’étais inscrite dans trois agences : à chaque fois j’ai eu des entretiens de présentation et j’ai dû passer des tests de langues et d’informatique. Trois fois les mêmes ! Par contre je n’ai jamais eu 100 % au test de français et celui sur la vitesse de frappe au clavier me ressortait par les yeux.

J’avais pour avantage de maîtriser les deux langues officielles et d’avoir quelques expériences administratives à mon actif, mon profil était donc intéressant pour le marché de la capitale. Celui-ci a eu l’air de vraiment se réveiller en janvier et j’ai pu enchaîner deux contrats en cinq mois. Je travaillais en tant qu’assistante administrative et réceptionniste bilingue : des postes peu passionnants, pour lesquels j’étais surqualifiée, mais qui m’ont permis de poser les bases de mon expérience canadienne.

Et ça a marché ! Dès le lendemain de mon arrivée à Toronto, j’ai commencé à répondre à des offres d’emploi pour des postes de traductrice. J’avais décidé de ne pas perdre de temps et on peut dire que cette fois ma stratégie a payé : j’ai très rapidement décroché un contrat de 6 mois dans ce domaine qui est le mien. J’ai pu mettre en avant mes emplois à Ottawa, notamment pour ce qui concerne la connaissance du français canadien.

En fait, avec un PVT au Canada, il ne faut pas avoir peur de commencer en bas pour se (re)construire professionnellement. D’une certaine manière, il faut savoir faire preuve d’humilité et ranger ses gros sabots d’expat’ un peu trop sûr•e de soi.

2 Commentaires

  • Répondre Marie-Amélie 22 août 2016 at 22:17

    Contente que tu ais décroché un emploi dans ton domaine de prédilection, félicitation et bonne continuation à Toronto!

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