[InterRail] Jour 11 : Zurich, fin de voyage chamboulée

Jeudi 13 août, je suis arrivée à Zurich à 8h20. Je pense que ce fut la pire nuit de mon voyage.

Quand le train est arrivé en gare de Vienne, je me suis dirigée vers le wagon où se trouvait mon siège. La porte était bloquée par plein de gens, je ne comprenais pas pourquoi vu que le quai était pratiquement vide.

Je suis alors allée à l’autre porte, où j’ai pu grimper péniblement. La plateforme entre les deux wagons était aussi pleine de monde. Mon siège se trouvait dans un compartiment, sauf que le couloir était bondé, lui aussi, le genre de couloir où deux personnes ne peuvent pas se croiser normalement, encore moins avec un énorme sac à dos. Je suis montée en même temps que trois autres Françaises qui avaient l’air assez paniquées. Elles n’avaient pas de réservation. J’ai vu que le premier compartiment n’était pas réservé mais un couple avec un petit chien se trouvait à l’intérieur, ils avaient verrouillé la porte. On a un peu insisté pour qu’ils l’ouvrent, des gens du couloir nous ont aidées. En regardant les numéros des places sur les compartiments, j’ai découvert que je devais aller au bout du wagon, c’est-à-dire traverser ce couloir infranchissable car bondé. Je me suis retrouvée coincée par un vieux qui ne voulait pas (ou ne pouvait pas) me laisser passer. C’était à mon tour de commencer à paniquer (entre les journées chaudes, la presque nuit blanche de la veille, la chaleur dans ce train et tous ces gens partout), je me voyais mal passer tout le voyage entre la porte d’un compartiment et un vieux ronchon. Je me suis retournée pour aller dans le compartiment où étaient entrées les Françaises, il restait heureusement une place de libre, occupée par la valise du couple. Ça n’a pas plu au monsieur que j’insiste pour qu’il la mette en haut, mais je ne lui ai pas trop laissé le choix. Voilà, j’avais enfin ma place dans ce fichu train, j’étais en plus avec des filles sympa et j’allais pouvoir dormir. Je pense que les gens du couloir étaient des migrants venus, j’ai trouvé bizarre qu’ils restent en dehors des compartiments. La climatisation marchait à fond, on n’a pas réussi à la baisser, il faisait très froid. Pour la première fois de mon voyage, j’ai mis mon gilet et j’ai passé la nuit avec trois épaisseurs de vêtements.

À Salzburg, le train s’est séparé en deux : la partie dans laquelle nous étions allait à Zurich, l’autre à Munich. Tous les migrants du couloir sont descendus pour aller dans les wagons pour l’Allemagne, le couloir était maintenant désert. Le chien du couple est sorti, il a fait pipi dans le couloir. La fille était très bizarre, elle n’a pas nettoyé mais lui a dit quelque chose qui devait ressembler à “oh t’as fait pipi dans le couloir, oh c’est pas bien, oh t’es trop mignon, pioupioupiou”. Après elle regardait quand des gens passaient, sûrement pour voir s’ils marchaient dedans ou pas.

La frontière austro-suisse franchie, les douaniers suisses sont venus contrôler nos titres de transports et nos papiers d’identité. Le couple n’avait pas de billet valide, ils ont parlementé avec les douaniers pendant un certain temps. À cause d’eux, je voyais à peine la vue alors qu’on passait le long d’un lac. C’était le petit matin, j’aurais pu faire de jolies photos.

La nuit a été blanche, j’ai dû somnolé deux ou trois fois. C’est donc complètement crevée que je suis arrivée à la gare de Zurich. J’ai passé une partie de la nuit à me demander si je n’allais pas arrêter mon voyage un jour plus tôt que prévu. C’est ce que j’ai fait. Initialement, je devais passer la journée à Zurich, aller à Bâle le soir, y faire du couchsurfing et visiter la ville le lendemain, avant de rentrer à Paris en fin de journée. Je me suis rendue compte que j’étais arrivée au bout de mes limites et qu’il valait mieux arrêter maintenant.

Prendre un billet pour Paris et annuler l’autre m’a pris beaucoup de temps, mais j’y suis arrivée. J’avais trois heures devant moi avant le départ du train, j’ai donc laissé mon sac à dos dans une consigne et je suis allée me promener un petit peu. Il doit y avoir des endroits sympathiques où se promener mais à part la vue sur le lac de Zurich, je n’ai pas vu les bons endroits. Puis j’ai mangé dans un restaurant végane, Vegelateria. C’est une sorte de self végane où l’on se sert comme on veut et on paie au poids.

Zurich.

Zurich.

Zurich.

Zurich.

Zurich.

Zurich.

Une fois dans le train, je me suis endormie comme une masse, interrompue une heure plus tard par une famille qui se disputait parce que leur poussette ne passait pas dans le couloir. Arrivée chez moi à 18h30, je me suis couchée à 20h30 et j’ai dormi pendant 13 heures, ravie d’être dans mon lit et heureuse d’avoir fait ce voyage sans trop d’encombre.

2 Commentaires

  • Répondre christophe 20 janvier 2016 at 06:48

    Quelle aventure!
    En général l’EuroNight « Wiener Walzer » Vienne – Zürich est plutôt agréable et calme… mais je comprends qu’en pleine vague de migration, ça n’a pas dû être drôle…
    (petite correction: la Suisse, bien que non membre de l’UE, fait aussi partie de l’espace Schengen).

    • Répondre Cécile 20 janvier 2016 at 13:38

      Je me doute que c’était une situation exceptionnelle… Oups pour la Suisse, je vais corriger ça, merci 🙂

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